31 déc
2009

Spiderman : revolver et bottes de cuir

À l’heure où les lecteurs de Spiderman en VF retiennent de l’araignée un numéro qui combinait histoires de belle-famille d’Harry Osborn, de speed-dating, et de parodie grotesque sur Mary Jane, Panini nous livre le premier numéro de la série « Marvel NOIR » qui met en scène Spiderman. Autant le dire tout de suite, ce comics est la preuve que Spidey n’a pas perdu toute trace de crédibilité, comme le laissent à penser les innombrables bouche-trous d’Amazing Spiderman qu’on voit régulièrement fleurir dans le magasine de Panini.

J’étais à la fois surpris et impatient de lire un numéro de spidey qui se déroule en dehors du cadre classique que nous connaissons tous (lecteurs d’Amazing Spiderman comme spectateurs des films de l’araignée). La transposition de l’univers est, comme je l’ai dit plus haut, très crédible puisqu’elle part quasiment de zéro. On y trouve ainsi tous les personnages emblématiques de la série, qui voient eux aussi leur rôle adapté au cadre temporel de la grande dépression des années 30. Tante May est ainsi une militante rouge là où elle aide les sans-abris dans ASM, Norman Osborn est à la tête d’un gang aux allures de réseau mafieux, et Ben Urich prend des clichés de la misère prolétarienne qui règne sur tout le pays. La situation pourrait paraître caricaturale lorsqu’on a l’habitude de suivre les aventures de Spiderman dans son univers habituel, mais tous les personnages s’inscrivent dans un scénario à la fois novateur (parmi tout ce que j’ai pu lire) et cohérent. Même si Peter Parker n’est pas moins révolté dans ce numéro à l’ambiance rouge, son caractère à la fois impulsif et naïf a bien été retranscrit pour l’époque. Il est ainsi toujours aussi marqué par la mort de son oncle, mort qui serait presque plus crédible que celle racontée dans ASM.

Le scénario en lui-même se laisse facilement lire. Le début de l’histoire est amené par la misère de tante May qu’elle déclame haut et fort, le poing levé, à ses camarades pour progressivement arriver au vif du sujet. La vie privée de Parker (qui est reliée à la mort de son oncle) et celle de Ben Urich se relient très bien, les deux personnages entretenant des relations toutes aussi ambigües que ce que nous avons l’habitude de lire. Le fait que Parker ne dispose pas tout de suite de ses pouvoirs m’a tout d’abord surpris, mais la scène où il découvre ces derniers est brève et ne casse pas le rythme de la trame principale du scénario. Remarquons par ailleurs que Spiderman n’est pas victime de ses pouvoirs comme il peut l’être dans ASM où il est régulièrement vu comme un meurtrier par les tabloids. Il les utilise véritablement comme une arme, et perd ainsi un peu de ses airs de héros qui lui collent à la peau dans ASM. Notons que même si le scénario a bien été adapté aux années 30, certains rebondissements révèlent une volonté un peu trop flagrante de relancer l’intérêt du numéro pour en justifier une fin.

Scan Spider-Man NOIR #1

Spider-Man sera encore victime de quiproquos avec les autorités.

Le dessinateur Carmine Di Giandomenico que certains ont peut-être vu à l’oeuvre dans X-Men  : Magneto Testament a un trait qui colle plutôt bien à l’ambiance général du volume. En feuilletant rapidement ce Spiderman Noir avant de me mettre à le lire, son trait me paraissait un peu grossier mais certaines scènes ont vite démenti cet a priori. Les jeux de lumière dans le bar fréquenté par Ben Urich sont très réussis, tout comme les scènes en extérieur sous la neige.

Pour finir, je ferais une remarque sur l’excellente facture du volume de Panini. La couverture est réussie tout en étant sobre, avec les nouveaux logos Spiderman et Marvel NOIR. En quatrième de couverture, on trouve une variant cover de ce premier numéro avec un très court résumé et une description de la série Noir de Marvel. À l’intérieur, avant de découvrir les planches de toute l’équipe, on trouve une description plus longue de la série Noir, et Panini annonce ses plans pour la parution des autres héros dans leurs récits noirs respectifs. Les chapitres sont entrecoupés des variant covers des prochains numéros, dont les couvertures définitives sont exposées à la fin du volume, avec une petite bio de chacun des deux scénaristes et du dessinateur.

Spiderman Noir est donc un bon volume qui reprend l’univers connu et apprécié de l’araignée pour le transposer dans les années 30, avec des retouches pertinentes pour une meilleure cohérence avec l’époque présentée.

31 déc
2009

Let’s get back One Year Later, Superman : Up, Up and Away !

Superman #650
Action Comics #837
Superman #651
Action Comics #838
Superman #652
Action Comics #839
Superman #653
Action Comics #840

Writer : Geoff Johns/Kurt Busiek

Penciler : Pete Woods (Superman) Renato Guedes (Action Comics)

Voilà, Infinite Crisis est finie, Superboy prime en prison et Superman a perdu ses pouvoirs. Ça commence à dater me direz-vous ? Peut-être que d’autres events sont passés après celui-ci mais le plaisir de lire One Year later reste intact.

À l’image de ce blog, la vie de Superman prend un nouveau tournant. Comme un civil lambda (ou presque puisqu’il conserve sur lui un moyen d’appeler Supergirl en cas de pépin), Clark Kent renoue avec les plaisirs simples de la vie, comme la dégustation d’un bretzel avec sa moitié.

Néanmoins tout n’est pas que plaisir des sens pour Kent car, sans pouvoirs, il ressent également les mêmes douleurs que nous autres, surtout lorsqu’il est tabassé par Luthor dans une ruelle sombre, peu féru des articles du journaliste le concernant. Car le grand esprit machiavélique de Metropolis est détesté dans sa ville, sentiment dont il se sert pour justifier une future punition de ses habitants. Pour le coup, il complote avec Toyman et tente de faire main basse sur toute la Kryptonite du coin.

Bon, résumé comme ça c’est assez caricatural. Mais les auteurs, pour tenir sur 8 parties, font participer plusieurs guest stars très intéressantes aussi bien dans le camp de la justice que dans celui du mal.

Le retour de Big S ! Ouf, c'était chaud ...

On a droit à des combats mettant en scène Supergirl, Green Lantern et Hawkgirl face à certains ennemis comme le farceur, Joker de Metropolis, ou encore l’intergang qui en veut aussi à Clark, journaliste. Sans « abilities » particulières, on arrive à craindre pour la vie de Superman et espérer la venue des renforts : on est bien loin du boy scoot invincible. Les situations qui en découlent sont alors très réalistes, permettant un approfondissement des relations avec sa femme ou ses collègues mais aussi très typés comics. Car l’enjeu de cette publication est de proposer un lien entre la disparition de Superman dans la vie de Metropolis et sa réapparition, capacités au maximum pour enchaîner sur les publications suivantes. Par conséquent on joue tout le long  avec les pouvoirs de Kent : un coup il n’en a  plus, après on lui propose un moyen de substitution pour se les réapproprier, pour enfin retourner au statu quo. Néanmoins, cette « réhabilitation » de Superman dans le milieu super héroïque ne se fait pas sans émotion. Je me remémore par exemple une scène où Clark est frappé de plein fouet par un train. D’abord dans le cirage, il se relève et découvre la trace de  sa main dans la taule froissée de la machine.  Les relations avec ses camarades de guerre sont  également ambiguës : sans pouvoirs, Kent est  un poids, et pas question pour Green Lantern de  le transporter partout où il y a de l’action sous prétexte  que son envie de justice est encore aiguisée.

De plus, Kurt Busiek continuant par la suite sur la série et ce, sur un bon nombre de numéros, introduit déjà les prémices de ses futures intrigues, ou tout du moins nous indique vers quels éléments de l’univers il s’orientera. Il s’agit en effet de l’héritage Kryptonien de Clark, dont le scénariste se servira pour « Last Son» par exemple.

Un petit mot sur le dessin, géré par deux artistes, entre Superman et Action Comics.

Risque de chute de vaisseau kryptonien prévu au cours de la journée.

Très agréable à l’œil, tout est maîtrisé et fruit d’un effort dans le cadrage. Pas deux pages ne se ressemblent, donnant du dynamisme aux scènes. On a aussi le droit à de nombreuses images de la ville : dans ce run, c’est elle qui est en jeu, et pour la gagner il faut être appuyé par ses citoyens. Comme le dit Clark à Luthor, « le respect, ça se mérite » On sent donc le mainstream à plein nez, des dessinateurs conditionnés pour respecter les codes du genre, et c’est tant mieux !

Pour le moins, je dirais que Supes retombe un peu dans ses travers de gentil garçon à la fin du volume. Sa bonne éducation l’empêche de signer un autographe sur les seins d’une femme, rires ! Et peut-être que si Busiek n’avait pas poursuivi la série, les 10 dernières pages n’auraient pas été créées, c’est plus un moyen d’enchaîner sur la suite. Enfin, ce n’est qu’un détail.

L’histoire arrive donc à nous faire vibrer, nous faire ressentir la faiblesse de cet homme, ayant perdu ce qui le hissait au-dessus de ses pairs. C’est donc avec une excellente histoire que DC nous emmène à Metropolis, un an après Infinite Crisis.

En France, Superman : Up, Up an Away ! est paru dans le mensuel Superman & Batman #1-4

Aux USA, un TPB est sorti :

http://www.amazon.com/Superman-Up-Away-Kurt-Busiek/dp/1401209548

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